L’avenir des médias écrits et l’information locale et régionale de proximité

Texte : Nicole Lessard

Devant la crise qui secoue la presse écrite depuis une décennie et de façon drastique ces derniers temps – que l’on pense au Groupe Capitales Médias qui défraie la manchette ces dernières semaines parce qu’au bord de la faillite – les journaux quels qu’ils soient vivent de grandes difficultés.

Et pourtant les journaux locaux et régionaux jouent un rôle important dans l’échiquier démocratique de la société québécoise. L’information locale et régionale est primordiale et essentielle au maintien des régions et à l’occupation des territoires. Le public a droit à une information juste et crédible.

Les journaux communautaires tels Le Portageur, par exemple appartiennent aux communautés par leurs membres. Ils se doivent de répondre aux préoccupations de la population, de demeurer à l’écoute des besoins et participer au développement social et économique par leur mission d’information. Un discours louable mais une réalité difficile par manque de moyens.

Une Commission parlementaire

Ici au Québec, les membres de la Commission de la culture et de l’éducation de l’Assemblée nationale ont donc adopté à l’unanimité un mandat d’initiative portant sur l’avenir des médias d’information.

Dans le cadre de ce mandat, les membres de la Commission tiennent cette semaine des consultations afin de dresser un portrait des médias d’information locaux, régionaux et nationaux au Québec et, le cas échéant, tenter d’identifier des pistes de solutions quant aux défis qui guettent ces médias : le financement de ces entreprises privées ou publiques; leur présence régionale et la valorisation du rôle local de l’information; la viabilité des modèles d’affaires à l’ère du numérique; et leur indépendance.

Des intervenants du milieu seront sollicités et entendus sous forme de mémoires et, par la suite, certains groupes et personnes pourront s’exprimer en auditions publiques.

Des pistes de solutions

Pourtant dans les années 1995, le gouvernement péquiste avait reconnu l’importance des médias communautaires journaux, radios, télévisions. La directive 95-024 du Conseil des ministres stipulait que les ministères, organismes et entreprises du gouvernement devraient consacrer au moins 4 % de leur budget publicitaire au soutien des médias communautaires. Mais la réalité est tout autre. Cette directive n’a jamais atteint son objectif de 4 %. Dans les dernières années avec tous les changements technologiques, c’est de pire en pire. À titre d’exemple, Le Portageur pouvait recevoir jusqu’à 6 000 $ en placement publicitaire du gouvernement dans les années 2 000, l’an dernier ce montant a chuté à 573$.

Les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux font mal. Ils seront cités plusieurs fois à la Commission au cours de la semaine. Nouvelle réalité, ils viennent prendre une grande part du marché économique. L’information s’y retrouve, même si elle est discutable et pas toujours la meilleure. De plus, avec tout ce qui se dit et s’entend sur les réseaux sociaux, les gens développent davantage de prudence et sont moins enclins à croire et utiliser ces nouvelles technologies, du moins à ce qui a trait à l’information.

Une responsabilité partagée

La presse locale et régionale a besoin du soutien de la population, bien évidemment, des lecteurs et lectrices pour qui elle est écrite. Elle a aussi besoin de la reconnaissance des gouvernements tant de proximité, municipal que provincial et fédéral qui peut se traduire en subvention mais aussi par l’achat de placements publicitaires nécessaires pour informer les populations des services disponibles de ceux-ci, parfois fortement méconnus.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec, devant la crise que traverse la presse écrite, lance une vaste campagne publique, visant à mobiliser la population sur l’importance de soutenir les journaux.

La Fédération rappelle que ce sont les médias qui produisent le contenu journalistique. Si des médias disparaissent, c’est le public qui sera privé de ces sources d’information.

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