La santé est malade en Minganie

Luc Noël, préfet de la MRC de Minganie a lancé un cri d’alarme sur les ondes de CILE mf, lundi, le 9 avril 2018 concernant les services de santé en Minganie.

Le préfet dénonce, haut et fort, la réforme Barrette qui, selon lui, est aberrante et prive les citoyens de la Minganie des services de santé auxquels ils ont droit.

Le préfet Noël relate qu’au moment de la réforme qui créait le Centre intégré de santé et services sociaux (CISSS), une institution Côte-Nord, la MRC avait à ce moment-là des craintes bien fondées. On justifiait ces appréhensions par la grandeur du territoire, la création d’un appareil beaucoup trop lourd, trop loin des gens. L’idée d’avoir des installations, en Minganie, sans direction proche, était vue par la MRC comme difficile à gérer. Il semble que cela se soit avéré une réalité et monsieur Noël identifie la situation comme étant une tour de Babel, tellement les communications sont parfois contradictoires voir même absentes.

Problématiques soulevées

Le préfet soulève plusieurs problématiques en lien avec les services de santé : transport médical, les équipes de travail restreintes, le manque d’embauche, les équipes médicales affaiblies, des services inadéquats ou manquants. Il est difficile d’expliquer cette pénurie de main-d’œuvre.

Auparavant, le Centre de santé Minganie arrivait à avoir des médecins itinérants pour assurer un suivi médical et une certaine sécurité chez la population. Mais des changements ont été opérés et il est difficile maintenant de garder ces médecins.

Présentement, on évalue que 50 personnes seraient nécessaires pour combler le manque d’effectif. Luc Noël mentionne qu’il passe 25 à 30 % de son temps à répondre aux citoyens qui se plaignent des services de santé en Minganie, ce qui pour lui n’est pas normal et lui fait dire que la réforme Barrette ne tient pas la route.

Selon le préfet, s’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, il est important de changer de paradigmes pour faire avancer le dossier et obtenir des résultats.

Impact sur la communauté

Une telle situation crée non seulement, une diminution de service mais a des impacts sur l’ensemble des communautés. Ces dernières vivent un sentiment d’insécurité particulièrement chez la personne âgée.

Le rapport Vigneault commandé par le CISSSS, Enquête sur les attentes par rapport aux services de soutien à l’autonomie des personnes âgées en a fait la démonstration. La personne laissée à elle-même, dans sa résidence, sans service de proximité, pour le gazon, la neige, le ménage, les repas préparés, et autre peut développer de l’anxiété, voir son stress augmenter. Les ressources de maintien à domicile sont nécessaires à une bonne santé mentale et physique. Elles ne sont pas présentes partout en Minganie. Alors la personne âgée développe de la résilience et en silence quitte la région.

Nous nous retrouvons dans une région fragilisée par le départ de certaines personnes avec une démographie à la baisse, qui pourrait amener un manque de vitalité. L’occupation du territoire passe aussi par la santé, la sécurité et le bien-être des gens.

Démarche d’espoir

Le préfet et les élus de la Minganie se sont réunis en conférence téléphonique, lundi, pour exprimer leur ras-le-bol et leurs inquiétudes face à cette situation où ils sentent que les services de santé sont menacés en Minganie. C’est un cri d’alarme qui est lancé avant que le découragement ne s’installe. Cela fait déjà trop longtemps et la réforme Barrette en a ajouté. Le manque d’effectifs, les menaces bien présentes au-dessus de l’institution en Minganie, les nombreux efforts de tenter d’expliquer, les demandes à répétition, viennent dire qu’il y a un sérieux problème, qu’il est urgent de régler.

Le conseil de la MRC se veut rassurant et mettra tout en œuvre pour arriver à régler le problème une fois pour tout. En accord avec la députée Lorraine Richard, qui appuie la démarche, une demande de rencontre sera envoyée au ministre Barrette pour échanger sur cette situation qualifiée quasi de désespoir et tenter de trouver des solutions.

Luc Noël encourage les citoyens à rédiger des plaintes lorsque nécessaires et d’en faire part à la MRC pour qu’un suivi soit apporté. Le conseil de la MRC s’engage à poursuivre la démarche jusqu’à ce qu’un règlement soit conclu et que la population reçoive les services de santé et services sociaux auxquels, elle a droit.

Du côté du CISSS

De leur côté le CISSS se dit en mode de solutions. Bien qu’il ne partage pas la lecture que fait la MRC des services de santé. Sandra Morin, adjointe à la direction et responsable des relations avec les médias, mentionne que le CISSS demeure ouvert à la discussion et est à l’écoute de solutions constructives.

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