L’enjeu du transport aérien est de nouveau sur toutes les lèvres des résidents de l’Est-du-Québec. Air Canada annonçait, le 30 juin, la suspension indéterminée de liaisons régionales et la fermeture d’escales qui affectent les aéroports de Sept-Îles et de Baie-Comeau.

Dans un communiqué envoyé aux médias, Air Canada explique que sa décision est directement reliée à l’impact de la COVID-19. L’entreprise estime perdre 20 millions de dollars par jour en raison de la pandémie. Elle suspend donc 30 dessertes, dont les lignes Sept-Îles/Québec, Baie-Comeau/Québec et Baie-Comeau/Montréal, en plus de fermer définitivement huit escales. La compagnie tourne par ailleurs la page sur son comptoir à l’aéroport de Baie-Comeau.

« J’ai trouvé ça scandaleux mais pas étonnant, profère Luc Noël, préfet de la municipalité régionale de comté (MRC) de la Minganie. Ça fait longtemps qu’Air Canada et le gouvernement ont laissé tomber [les régions]. » Il voit d’un mauvais œil la cessation d’activités de dessertes importantes pour la Côte-Nord : « C’est un appauvrissement de la région. Déjà que ça nous coûtait très cher pour avoir accès au centre du Québec… »

La nouvelle a aussi suscité de la grogne chez les élus de la région. Dans une publication sur Facebook, la députée de Manicouagan, Marilène Gill, a demandé à Air Canada de revenir sur sa décision. Au provincial, la députée du Parti québécois Lorraine Richard a insisté sur l’importance des dessertes aériennes pour l’économie de la Côte-Nord. L’élue de Duplessis a également appelé le gouvernement à explorer de nouvelles avenues pour repenser le transport aérien régional.

M. Noël est de cet avis : l’annonce d’Air Canada doit permettre une réflexion plus large sur l’accessibilité aux régions. Le préfet de la MRC de la Minganie croit qu’il est temps de trouver une solution pérenne pour pallier le manque de services : « Il faut innover, trouver des façons qui vont nous ressembler. » La création d’une coopérative de transport, selon lui, permettrait à la Côte-Nord de répondre aux besoins de ses résidents en exploitant des installations déjà fonctionnelles. « C’est un modèle qui a accès à beaucoup plus de subventions au niveau de l’État et c’est un modèle qu’on pourrait mutualiser avec des entreprises existantes de transport », fait-il valoir. Les petits aéroports, comme celui de Natashquan, pourraient être utilisés pour alimenter celui de Sept-Îles, donne-t-il en exemple.

 

Création d’une cellule de crise

Le 2 juillet, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), le Réseau québécois des aéroports (RQA), l’Alliance de l’industrie touristique du Québec (AITQ) et l’Union des municipalités du Québec (UMQ) ont annoncé la mise en place d’une cellule de crise qui aura pour mission de trouver à court terme des solutions durables au problème du transport aérien régional. Les acteurs de la cellule de crise rencontreront, au courant des prochaines semaines, les transporteurs aériens déjà actifs dans les régions. Le dialogue sera ouvert avec le ministre québécois des Transports, François Bonnardel, et son homologue fédéral, Marc Garneau.

« On veut des solutions maintenant, pour une mise en place dès cet automne. C’est ambitieux, mais c’est une question de vitalité et de survie pour nos régions », a souligné Daniel Côté, premier vice-président de l’UMQ, président du Comité sur le transport aérien de l’Union et maire de Gaspé. La première réunion virtuelle était prévue pour le 7 juillet.

 

Photo courtoisie Air Canada

Laurence Dami-Houle | Initiative de journalisme local

Bachelière du programme de journalisme de l'Université du Québec à Montréal. Amoureuse des mots, bibliophile et cinéphile. Intéressée par les enjeux culturels, l'environnement et la politique.

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